Syndrome du bébé secoué : le gouvernement lance une campagne de sensibilisation

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Plusieurs centaines d’enfants sont victimes du syndrome du bébé secoué chaque année en France. Une maltraitance qui peut être mortelle, ou entraîner de graves séquelles, qui est au coeur de la campagne choc que lance le gouvernement lance ce 17 janvier.

La caméra filme un babyphone dont émane la voix d’un père, visiblement à bout de nerfs. « Et voilà ! Tout ce que tu sais faire, c’est chialer ! J’en peux plus de toi !« , hurle l’homme. Alors que les pleurs du bébé se font plus intenses, on entend distinctement une secousse. Puis plus rien. Cette vidéo saisissante est extraite de la campagne de sensibilisation lancée aujourd’hui par le gouvernement pour lutter contre le syndrome du bébé secoué. « Cette maltraitance, perpétrée volontairement par des adultes, parfois dans le déni de la gravité de leur acte, représente la forme la plus grave de traumatisme crânien de l’enfant. En France, 1 bébé sur 10, victime de secouements, décède, les autres en subiront les conséquences toute leur vie. », peut-on lire dans le communiqué. Ce syndrome, également appelé traumatisme crânien non accidentel (TCNA), touche chaque année plusieurs centaines de bébés, avec un pic entre 2 et 4 mois. 

Syndrome du bébé secoué : sensibiliser et informer

Selon les chiffres de Santé Publique France, une victime sur 10 décède, et les ¾ des enfants présentent des séquelles graves sur le long terme. Des violences qui sont loin d’être isolées et qui présentent un taux de récidive élevé, ces bébés secoués l’ont été en moyenne 10 fois. Pour “alerter sur la réalité de cette maltraitance et ses conséquences” et “présenter des solutions préventives”, la campagne s’appuie notamment sur cette vidéo mais aussi sur un kit de communication (affiches, dépliants etc.) destiné aux professionnels de santé et institutions de santé afin de les aider à “sensibiliser leur patientèle ou les publics qu’ils reçoivent” sur le syndrome du bébé secoué.

La campagne sera ensuite déclinée sur les réseaux sociaux et les plateformes de replay des grandes chaînes de télévision afin de toucher le plus grand nombre. Pour le ministère, l’objectif est de “positionner le syndrome du bébé secoué comme étant un acte de maltraitance perpétré par un adulte violent, et seul responsable.”  Le secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles Adrien Taquet s’est rendu lundi matin au CHU de Lille pour lancer cette campagne. Il a visité un service de neurochirurgie et une maternité, et s’est également entretenu avec des familles de victimes.

Des lésions cérébrales chez bébé parfois irréversibles

Les secousses sont des gestes d’une extrême violence, qui n’ont rien à voir avec un geste maladroit de la vie quotidienne ni avec le jeu comme lancer un enfant en l’air. Secouer n’est pas jouer, jouer n’est pas secouer. Le jeu est nécessaire au bon développement de l’enfant.”, explique le Dr Anne Laurent-Vannier, qui a notamment présidé le groupe de travail consacré à ce syndrome au sein de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Ces secousses provoquent une hémorragie en nappe autour du cerveau par rupture de veines allant du cerveau au crâne. À un stade de plus, il peut y avoir des pauses voire un arrêt respiratoire, et donc un manque d’oxygène et des lésions cérébrales irréversibles.”, ajoute-t-elle. Parmi les séquelles de ces violences : un retard du développement psychomoteur ou des handicaps moteurs, des troubles cognitifs et des difficultés d’apprentissage, des problèmes de comportement, un déficit visuel ou une cécité, un déficit auditif ou une surdité, des crises épileptiques.

Syndrome du bébé secoué : comment l’éviter ?

Fatigue, lassitude, désoeuvrement face à ces pleurs incessants, comment faire pour ne pas commettre l’irréparable ? “Lorsqu’on est fatigué ou peu disponible, il est tout à fait humain d’être exaspéré. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est secouer le bébé”, rappelle le Dr Laurent-Vannier. Pour reprendre le contrôle, cette dernière recommande à l’adulte de mettre le bébé en sécurité et de prendre quelques minutes pour souffler. “Si on se sent en difficulté et si l’envie de faire taire l’enfant devient trop pressante, la priorité est de s’éloigner de lui, de le coucher sur le dos dans son lit et de quitter la pièce. L’enfant ne risque rien à pleurer dans son lit, il peut risquer beaucoup à être dans les bras d’un adulte exaspéré.,” observe la professionnelle.

Il est également très important que l’adulte concerné exprime son mal-être et demande de l’aide. Les professionnels (médecin traitant, psychologue, sage-femme etc.) sont là pour l’entendre et réagir. Il est aussi possible de contacter le numéro d’urgence 119 (24h/24 et 7j/7) ou la ligne “Allo Parents Bébé” de l’association Enfance et Partage au 0 800 00 34 56 (du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h.) Deux services qui proposent une écoute attentive.

Des maltraitances qui ne sont pas limitées au cercle familial

Il arrive que ces faits de maltraitance soient perpétrés par un ami ou un proche, mais aussi pour la personne chargée de garder bébé. “Lorsqu’on confie son bébé à un tiers, il faut lui demander ce qu’il ferait en cas d’exaspération, s’assurer qu’il soit averti et connaisse le syndrome du bébé secoué et enfin lui demander instamment, s’il est en difficulté, de ne pas hésiter à le dire pour qu’on puisse l’aider.”, recommande  le Dr Laurent-Vannier. C’est justement le combat de Bertrand Gimonet, auteur jeunesse et papa de Léo, décédé à l’âge de 4 mois du Syndrome du Bébé Secoué alors qu’il était gardé par une assistante maternelle. 

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