Entre deux rives

0
73
Cet article a été publié ici en premier.

Nous voilà en 2020. Cela fait près d’un an que je n’ai pas rédigé d’articles sur mon blog. Mon espace à moi. La raison est simple : je n’étais pas bien du tout. J’ai traversé cette année 2019 douloureusement. J’ai dû lutter avec une force inimaginable pour ne pas sombrer littéralement et faire appel à mon instinct de survie pour surmonter, encore une fois, les épreuves de la vie.

Et je me suis rendu compte que c’est encore un sujet tabou le mal-être lorsque l’on est maman. Il y a toujours cette idée que l’on peut tout supporter, que l’on ne doit pas flancher pour nos enfants ou pire encore qu’être mère suffit à effacer toutes les peines du monde. Je respecte et admire toutes les familles où ce qui compte c’est d’être ensemble. Me concernant, j’ai le besoin de vivre ce qui m’arrive de bien comme de mal et généralement je prends beaucoup de temps pour me relever. Cette fois-ci, ce fut laborieux et j’ai bien pris 365 jours pour faire le point. Tous mes démons les plus sombres ont resurgi nuit après nuit sans que je puisse sortir la tête de l’eau.

Je ne vais pas écrire ici les raisons de mon silence et de mes tourments, vous aurez le loisir de lire tout ceci bientôt dans mon livre. Je vais plutôt m’épancher sur ce que j’ai retenu de cette année chaotique que j’ai traversé à bras le corps.

J’espère que mon expérience pourra servir à toutes les femmes qui traversent un tunnel. Le chemin sera sans doute long mais la lumière sera au bout : c’est une certitude. 

Etre mal lorsque l’on est maman :

J’ai évoqué de long en large ma vision de la maternité. Mes choix parfois à contre courant je les assume entièrement et ce depuis toujours. En revanche, ce n’est pas encore évident de prendre en compte la souffrance lorsque l’on a donné la vie.
Il y a encore cette idée qu’avoir des enfants c’est merveilleux, les voir heureux cela suffit amplement à notre bonheur. Il se peut et je ne critique pas, que ce soit le cas pour certaines familles. Je lis souvent que parfois la maternité permet de se révéler, de se retrouver et d’endosser le plus beau rôle de sa vie.

Je crois que je n’ai pas encore assez de recul pour vraiment dire ce qui a changé depuis que je suis devenue maman. Une chose est sûre cela a réveillé en moi beaucoup d’interrogations sur ce que je voulais transmettre à ma fille. Je ne pouvais pas lui inculquer des valeurs que je ne respectais pas. Je ne voulais lui apprendre qu’être mal ce n’était pas possible et qu’elle devait être forte en toutes circonstances : ce n’est pas vrai elle a le droit de tomber. Mais c’est à moi de l’aider, pour le moment de se relever. Parce qu’il le faut. Parce que cet état de mal-être n’est pas permanent. 

Me concernant, mes plaies sont bien plus profondes et je sais que même en vivant des grands bonheurs dans mon existence : il y a toujours cette ombre au tableau. Il y a des manques qui ne seront jamais comblés et des peurs qui ne seront jamais apaisées. Je l’ai accepté depuis longtemps mais l’expliquer à mon entourage c’est une autre affaire. J’ai toujours pris la décision d’assumer cette part difficile de ma vie, parce que je suis bien consciente que notre parcours est fait d’embûches qu’il ne faut pas sous-estimer. Je n’ai pas de problèmes avec cela et j’en parle librement.

Je crois que l’on peut toutes à un moment donné vivre une période difficile mais nous devons tôt ou tard nous en affranchir. Je ne voulais pas nier mon état qui je le savais était temporaire, et bien entendu ma famille m’a aidé à y voir plus clair. Mais ma guérison je ne la dois qu’à moi-même. On peut aimer profondément ses enfants, son mari et sa vie en général mais cela ne nous épargne pas des épreuves et des obstacles. Des combats que nous devons mener seule et ce avec tous les rôles de notre vie : celui d’épouse, de sœur ou encore de mère.

Etre mal lorsque l’on est seule :

Vous savez que j’ai très peu de famille et d’amis en métropole. C’est difficile pour quelqu’un qui n’a jamais vécu si loin de ses racines de comprendre que certains moments simples peuvent virer aux drames. Comme les anniversaires, les fêtes de fin d’année ou les vacances. J’ai toujours cette appréhension lors de ces moments où tout le monde se réunit parce que c’est simple : chez moi on ne se réunit jamais.

Au fil des années, j’ai pris conscience que mes plus grandes blessures je les aies vaincues seule finalement. Je ne me suis jamais épanchée sur mon vécu, mes doutes ou encore mes angoisses. J’ai toujours navigué volontairement en solo car c’est qui me convient le mieux. Quand le besoin de me confier est trop fort, j’écris le plus souvent pour évacuer. Au tout début de ma vie d’adulte, j’ai pris l’initiative de me faire aider par des professionnels qui m’ont appris que c’est moi qui choisissait la place que je donnais à mes souffrances. Je suis maître de mon destin et à partir de ce jour-là j’ai décider de les vivre puis de ne plus y revenir. Du tout.

Le jour d’après :

Bientôt, vous aurez mon livre entre vos mains. Et comme je l’ai écrit de nombreuses fois dans ce roman ce n’est pas le moment douloureux qui est le plus dur : c’est le jour d’après. Je vais mieux en ce début d’année, je navigue entre deux rives mais j’arrive à garder le cap sur mes objectifs. J’ai repris en main certains rêves et mon souhait ultime c’est de publier mon livre qui raconte mon histoire si particulière incessamment sous peu. Il y a encore des moments plus sensibles que d’autres, je suis en phase d’amélioration. Nous avons entamé des nouveaux projets en famille qui se débloqueront bientôt et j’espère pouvoir vous en parler.

C’est pourquoi, j’ai décidé de reprendre mes articles sur le blog, de me remettre petit à petit à partager mes écrits et échanger avec ma communauté toujours si bienveillante depuis toutes ses années. Je ne me donne pas de planning défini, ni un rythme mais je reviens parmi la civilisation.

Je profite pour remercier toutes les personnes avec qui j’ai échangé cette année sur les réseaux sociaux et qui sans le savoir m’ont parfois réconforté. Merci pour vos attentions et votre fidélité.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here